°0o - Une Après-midi Aux Urgences ... - o0°

°0o - Une Après-midi Aux Urgences ... - o0°
Assise dans la salle d'attente, je m'adonne à mon activité favorite: l'observation.

En face de moi il y a ce beau jeune homme, à peu près mon age. Il me lance de discrets sourires que bien sûr, je m'empresse de lui rendre. Il attend avec sa mère les résultats de sa consultation.

A ma droite, un couple de cinquantenaires semble s'impatienter.

Plus à gauche, une famille attend. On devine grâce à l'air de famille frappant : la grand mère, la mère et le fils !

Sur les murs, des affiches sur la santé, le domaine médicale, sur les instructions à suivre dans cette salle d'attente, l'explication de nos droits. Sur chaque mur, une affiche nous rappelant que les consultations sont strictement confidentielles et je me permet de vous demander de garder ceci en mémoire lorsque vous lirez la suite de cet article.

Car... Vous souvenez-vous de ce joli garçon assis face à moi. Eh bien, après une bonne demi-heure d'attente, le médecin débarque un feuillet d'ordonnance à la main : "Alors, voila pour vous, je vous ai prescrit ce médicament pour les maux de têtes mais ce n'est qu'un effet collatérale du à vos hémorroïdes" !!! Vous parlez d'une confidentialité ! (Je vous laisse imaginer ma tête aussi ^^ )
Pour le couple à coté de moi, il s'agissait apparemment d'une erreur médicale...
Enfin voila ce n'était qu'un paragraphe pour vous montrez un peu comment marchent nos urgences.

Mais vous êtes loin d'avoir tout lu.

C'est à mon tour d'accéder à la consultation après 2h30 d'attente.
On me demande d'avancer dans un couloir. Sur ma gauche, je vois des lits chacun séparés par des pans de murs. Au dessus on peut lire Box A, Box B..., et oui, en France nous ne mettons pas les gens dans des pièces, nous les mettons dans des Box comme pour les chevaux. Et dans chaque lit, une personne.

Dans le premier "Box" un homme âgé qui tremble de tout son être, le visage ravagé, le corps rachitique, décharné qui gémit de douleur.
Dans le second "Box" il y a cette jeune femme qui pleure, on peut lire son agonit par les traits de son visage. Elle se tord de douleur et appelle désespérément un médecin ou un infirmier.
Dans le troisième "Box" on aperçoit un draps blanc tiré sur un corps inerte...
...

Au bout du couloir, je tourne à gauche ou je dois encore attendre qu'un médecin soit libre.

Je m'assois sur un banc face aux portes des salles de consultations. Une infirmière pousse un brancard dans lequel git une dame âgée. Elle s'arrête au bout du couloir, "gare" le brancard et s'en va pour prendre sa pause déjeuner. La femme du brancard se met à geindre, elle tousse, elle crache du sang. Parfois elle convulse. Je la regarde serrer ses draps de ses petites mains fripées. Après un petit quart d'heur un médecin aperçoit le brancard en traversant le couloir "Qu'est ce que ça fou la ?" Machinalement il regarde la femme, pose sa main sur son coups, regarde sa montre "Heure du décès ..."

Voila, j'espère que vous aurez appréciez ce petit passage aux urgences.
En vous souhaitant de ne jamais y atterrir surtout lorsque vous serez vieux et seul ...

# Posté le samedi 28 mars 2009 14:43

Modifié le lundi 20 avril 2009 17:34

°0o - What Do You See When You Look Out The Window ? - o0°

°0o - What Do You See When You Look Out The Window ? - o0°


Chaque matin, encore sous le coup d'une nuit de sommeil bien trop courte, je monte dans le bus. Chaque jour c'est le même rituel, je trouve une place dans le fond du bus et, assise près de la fenêtre, je m'éveille au monde en musique. Le front collé contre la vitre, je contemple, j'observe les paysages, les gens, les voitures, le soleil ...Bercée par le flot des paroles qui coulent dans mes oreilles en symphonie, je m'évade.

Chaque jour je vois cette fille, grande, mince, blonde aux cheveux longs. Elle court. Chaque matin je la regarde avec admiration dans sa tenue de sport, courir le long des immeubles. Il ne se passe pas un matin sans que je ne la vois suivre sa routine.
Et puis, il y a cette jeune femme noire qui m'intrigue. Adossée contre la vitre de son arrêt de bus, elle a les yeux fixés vers l'horizon. Un jour, alors que je la contemplais, nos regards se sont croisés. Ce fut comme l'un de ces moments ou l'on a l'impression que le temps s'arrête, que plus rien n'existe autour. J'ai eu le sentiment qu'un court instant, je savais tout d'elle et elle, tout de moi...

...Et le bus reprend sa course...

Le paysage passe subitement des champs subtilement éclairés par les rayons du soleil levant aux HLMs. Les gens marchent, chacun dans son monde sur le rythme bien particulier d'une musique de rue, le regard plongé dans le sol. Les poubelles sont pleines, les arrêts de bus bondés, les murs taggés. Quelques jeunes se croisent, s'échangent quelques mots avant de repartir... D'autres, assis sur le toit de leurs voitures, conversent le sourire aux lèvres...



Et toi, qu'est ce que tu vois lorsque tu regardes par la fenêtre ?

# Posté le mercredi 11 mars 2009 17:48

Modifié le jeudi 12 mars 2009 14:31

°0o - Petite IntroO... - o0°

°0o - Petite IntroO... - o0°
Voila, cela fait déja 4 fois que je commence ma phrase et que, dans un élan de rage, j'efface tout !!!
J'ai en horreur les phrases que j'écris, les mots que je dis... J'ai toujours cette impression qu'ils sont insignifiants...

J'admire ces personnes qui sont capables de trouver les mots justes. Vous savez, ceux qui coïncides parfaitement avec ce que vous avez envie d'entendre. Ou bien ceux qui parviennent en un rien de temps à mettre des mots sur vos pensées, celles que vous n'avez jamais pu exprimer et pourtant, Dieu sait combien vous avez essayé ...

Alors voila, je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai entrepris de créer ce blog. Peut être pour partager avec vous, protégée par cette écran d'ordinateur, ce que je ne peux me résoudre à dire face aux gens que j'apprécie.
Je suis consciente que cela a toujours été un problème: à force de ne jamais exprimer ce que je ressens je ne peux demander aux gens qui m'entourent de me comprendre et de me soutenir...

Et pourtant, les mots me semblent si dérisoires. Paul Valéry disait " Comment puis-je, avec les mots de tous, exprimer ce que je ressens?" Tous les mots que j'écris ce soir sur ce clavier ne sont qu'une éternelle répétition. Ils ont été dit et redit, comment peuvent-ils encore avoir un sens ?

Si encore trouver les mots était mon seul problème... mais à force de faire semblant, de me cacher derrière des sourires, derrière des apparences de fille forte qui se contrefous de ceux que les autres pensent d'elle, à force de jouer un rôle, je crois avoir enfoui mes sentiments si loin qu'il m'est parfois difficile de me retrouver.





# Posté le mardi 10 mars 2009 17:17

Modifié le mardi 10 mars 2009 17:38